Comprendre les enjeux du Temps présent, l'émergence d'une nouvelle conscience pour une Ere nouvelle. Au fil de l'actualité, partager perceptions, connaissances et humeurs
"Pour mettre en place un gouvernement mondial, il est nécessaire de retirer des esprits leur individualisme, leur loyauté aux traditions familiales, leur patriotisme national et leurs dogmes religieux." G. Brock Chisholm – ex directeur de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé)
Demain la gouvernance globale ou la révolte des Nations ?
Composé de textes clairs et incisifs racontant ce combat d’idées qu’est l’Histoire, « Comprendre l’Empire » aurait tout aussi bien pu s’intituler « Sociologie de la domination ou Sociologie du mensonge », tant Empire et domination par le mensonge sont liés.
Fruit d’années de lectures et d’engagements, cet essai retrace le parcours historique de la domination oligarchique engagé depuis plus de deux siècles en Occident : instrumentalisation de l’humanisme helléno-chrétien, noyautage de la République par les réseaux, exacerbation des antagonismes de classes et manipulation de la démocratie d’opinion.
Un long processus initié au XVIIIe siècle par le cartel bancaire qui approche de son épilogue avec le Nouvel Ordre Mondial.
Ce Nouvel Ordre Mondial par lequel une oligarchie prédatrice exige désormais, par la voix de ses serviteurs aussi bien de droite comme de gauche, que lui soient remis les pleins pouvoirs.
Exigence d’une « gouvernance globale » au-dessus du suffrage citoyen ; exigence d’un « gouvernement mondial » sur les décombres des Nations présenté comme ultime solution aux crises, aux famines et aux guerres, toutes trois favorisées à dessein.
Une tentative d’imposer par la ruse un pouvoir dictatorial qui met, à l’horizon 2012, le monde face à un choix qui l’engage tout entier :
La soumission totale à cette oligarchie spoliatrice qui n’a eu de cesse, depuis plus de deux siècles, d’organiser cette « guerre de tous contre tous » annoncée par Marx, pour parvenir à cette fin.
Ou la révolte des peuples enracinés réduits à l’obéissance, quand ce n’est pas poussés à la misère, contre cette oligarchie nomade menant, pour son seul intérêt, le monde à cet « âge sombre » décrit par la Tradition.
Nous sommes désormais devant un choix : soit la dictature de l’Empire ou le début du soulèvement des peuples. La gouvernance globale ou la révolte des Nations.
A tout homme aimant un tant soit peu la France, à tout individu soucieux de ne pas la voir saborder sa prospérité, sa démocratie et son art de vivre, à tout dissident en guerre contre l'oligarchie financière et ses desseins mondialistes, le pathétique spectacle de ces millions de Français, mystifiés par le Théâtre de Guignol, se rendant comme des moutons bien dressés aux urnes par aller voter leur propre mise en esclavage, est un coup de massue sur la nuque.
Cinq ans de félonies ouvertes et assumées, de grossièreté et de mépris du peuple n'ont pas empêché des Français, par paquets de millions, de voter une nouvelle fois pour l'homme qui dans l'Histoire de France compte le plus d'acte de haute trahison à son actif, ce président infâme, qui déshonora le drapeau français en le trempant dans le sang de 50 000 libyens qui, jusqu'à preuve du contraire, ne nous avaient rien fait : Nicolas Sarkozy.
Les Français, toujours par millions, semblent également croire que le Parti Socialiste est socialiste. Qu'importe que ce même parti ait crucifié la France par l'Acte Unique et le Traité de Maastricht, béliers néolibéraux. Qu'importe que Lionel Jospin se soit rallié au Pacte de stabilité alors que durant sa campagne, il l'avait dénoncé et promis de le « renégocier » (tout comme beaucoup de candidats, de Hollande à Le Pen, demandent de « renégocier » les traités européens). Qu'importe que ce même parti ait appelé à voter Oui à la Constitution européenne. Qu'importe que Flamby-Hollande, n'ait pas fait obstacle à la ratification du traité de Lisbonne par le Congrès alors qu'en tant que premier secrétaire du Parti socialiste, la chose était parfaitement en son pouvoir.
Quelle casserole manque-t-il au PS pour que le peuple comprenne qu'il est le frère jumeau de l'UMP en matière de soumission à l'oligarchie financière ? Comment expliquer un tel aveuglement, une telle obstination à croire le faux ?
8,5 % du corps électoral a trouvé moyen d'aller voter François Bayrou, le gag du siècle, celui qui propose l' « unité nationale », soit en réalité le regroupement de tous les valets de l'oligarchie ralliés aux traités européens. Mais probablement, foudroyés et fascinés par l'irrésistible charisme du candidat centriste, apparemment digne d'un François Ier, d'un Bonaparte et d'un Robespierre, des Français, encore et toujours par paquets de millions, lui donnèrent leur voix. Clovis, Philippe Le Bel, Saint-Just, De Gaulle, ne vous retournez pas dans vos tombes, et pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font.
Marine Le Pen a finalement obtenu près de 20 % des voix. C'est beaucoup. Emmanuel Goldstein étant une création du Parti, celui-ci a fait le score que le Parti voulait qu'il obtienne. La seule possibilité pour que le FN obtienne un meilleur résultat eut été qu'il lance des sujets inattendus par le Système, tels la collusion de l'UMPS dans le French american fondation ou la démystification de la construction européenne par la révélation de sa finalité transatlantique. Force est de constater que le FN, conscient de la stratégie de diversion que le Système attend de lui, s'est dispensé de lancer les missiles précités. Chacun en tirera les conclusions qu'il souhaite.
Mélanchon à 11,5 % ? Bravo à lui, il aura su fédérer cette race en fin de vie qu'est la bobocratie. Baroud d'honneur.
La candidate franco-norvégienne à accent allemand se ridiculise à 2 % malgré une certaine bienveillance médiatique. Tant mieux. Le spectacle des Khmers Verts au fond du trou nous évite une irritation supplémentaire.
NDA n'a pas décollé. Son hostilité de pacotille à l'UE n'a trompé personne. En bon faux dissident, il propose une renégociation des traités européens et non leur dénonciation pure et simple. Il n'a pas compris qu'il est impératif pour la survie de la France que le droit de l'Union européenne ne s'applique plus. De même n'a-t-il pas compris que le retour à des crédits de la Banque de France à taux 0 ne doit pas servir à rembourser la dette, mais uniquement à financer les déficits futurs. La problème de la dette ne se règlera que par une banqueroute partielle, banqueroute d'autant plus légitime que la dette, elle, compte tenu de la façon dont elle a été mise en place, est absolument illégitime. NDA ne méritait pas mieux que 1,8 %.
Cheminade ? Le Système lui a donné ses 500 signatures pour décrédibiliser la critique de l'oligarchie financière. Indéniablement, Cheminade dit beaucoup de choses justes et pertinentes mais un traitement médiatique malhonnête et il faut le dire, certaines maladresses programmatiques aux consonances new-age ont achevées de le desservir, et sa cause avec.
Ne parlons pas des trotsko-ringards, ils ne servent à rien.
La seule branche à laquelle s'accrocher est l'abstention...mais ne nous mentons pas à moins de 20 %, celle-ci est encore beaucoup trop faible pour changer quoi que ce soit.
Le message de l'abstention est absolument inaudible aux générations les plus âgées. Pour elles, le droit de vote est synonyme de démocratie. Regrettable mais explicable d'un point de vue historique. En revanche, pour un jeune, première victime de la crise et de la mondialisation néolibérale, informé par internet, conscient de l'artificialité du Théâtre de Guignol et non encore victime de l' « habitus » du droit de vote, il est absolument honteux de se rendre à l'urinoir (autre nom de l'isoloir).
Les Français, donc, ont voté. Ils s'entêtent à croire qu'il y a quelque chose à attendre de cette classe politique pourrie, misérable, répugnante et indigne. Simone Weil disait de la France de l'Entre-deux-guerres qu'elle avait haï la guerre qui l'avait empêché de dormir et qu'une fois la défaite consommée, elle s'était donnée à Pétain pour pouvoir continuer de dormir avec un semblant de sécurité. Une réflexion analogue est parfaitement transposable à la situation actuelle : les Français se donnent à l'UMPS pour continuer à se voiler la face sur la vague déferlante que le futur vainqueur ne manquera pas de lancer sur ordre de l'oligarchie financière.
Le peuple français n'a pas voulu comprendre la tragédie dans laquelle il s'enlise. Il aurait pu pourtant, en usant de bon sens et de raison élémentaire, mais il s'y est refusé, tétanisé à l'idée de déroger aux convenances du politiquement correct. Soit. Puisqu'il n'a pas voulu comprendre par lui-même, alors l'Histoire se chargera de lui ouvrir les yeux de force en le dépucelant par la souffrance. Le malheur réussira là où la raison a échoué. La simple poursuite de l'application du droit européen dans un premier temps, puis les plans d'austérité inévitables qu'imposeront le maintien dans l'Union européenne dans un second temps, auront raison des dernières illusions du peuple et alors, enfin, le changement sera possible.
Mais en attendant, et pour les cinq années à venir, le peuple français s'est condamné à ramper dans la boue. Quoiqu'on en dise, il l'aura cherché et l'aura trouvé.
Avons-nous encore envie de limiter notre expression politique au seul fait de voter ? Devant la violence et la détresse générées par notre modèle de société, n’avons-nous pas plus à apporter qu’un simple bulletin dans une urne, en soutien à une politique soumise aux diktats de la finance et qui n’est plus en phase avec la réalité du monde ? En 2002, je m’étais laissé convaincre de présenter ma candidature à la présidentielle. Sans jamais croire à mon élection, nous avions profité de cette échéance pour jeter les bases d’un programme non conventionnel, en appelant à "l’insurrection des consciences". Notre appel à incarner l’utopie avait été reçu bien au-delà de nos espérances. En deux mois et demi, nous avions collecté près de deux cents signatures d’élus, organisé quelque quatre-vingt-seize comités régionaux. Puis en 2007, lorsque l’on m’a de nouveau suggéré de me présenter, j’ai refusé. En effet, qu’aurais-je fait si j’avais collecté les cinq cents signatures requises, dans un contexte politique bien plus déterminé que déterminant ?
Je constate en revanche que la société civile est porteuse du changement auquel nous sommes de plus en plus nombreux à aspirer. Son génie créateur est inouï et plus puissant que nous l’imaginons, face à un sentiment d’impuissance qui s’installe insidieusement. Nous ne voulons plus être les spectateurs déresponsabilisés d’une société en déliquescence. Nous voulons prendre notre avenir en main. Mais pour cela, nous devons nous exprimer par la force de notre créativité concrète, et pas seulement par une protestation dans les rues, dont nous ne récusons pas la légitimité. C’est le changement humain qui détermine le changement de la société, ce qui nous renvoie à notre propre changement. L’évolution du monde ne permet plus l’ajournement d’une convivialité planétaire respectueuse des fondements de notre survie collective.
Ce sont les raisons pour lesquelles nous avons imaginé, pour 2012, une campagne parallèle qui n’aurait pas pour but de se substituer à la campagne officielle, mais de ressusciter le débat en permettant que s’organisent, dans chaque région, des tribunes pour donner la parole à tous ceux qui aspirent à construire un avenir vivable et viable pour tous. Cette campagne ne vise pas à ajouter des vœux pieux à des vœux pieux, des analyses à des analyses sur le monde qui va mal. Elle se veut concrète, incarnée, positive. Chacun est invité à s’y exprimer, en affirmant sa candidature pour contribuer au changement, comme un colibri, en expérimentant des solutions pour le futur. Ne nous habituons pas à penser que le monde va mal, que nos options sont réduites. Nous voyons partout les bonnes volontés se relier, entrer en résistance pacifique, proposer des alternatives. Cette convergence nous permettra de donner une lisibilité à la force du changement.
J'ai plublié un certain nombre d'articles sur la situation de l'économie mondiale, la géopolitique, ainsi que des analyses de la crise. De nombreux lecteurs m'ont alors demandé " mais alors qu'est-ce qui va se passer ?". Je ne prétends pas être devin, mais il est possible de prédire au moins ce qui a été prévu par ceux qui ont les moyens d'influer sur les choses et les utilisent. Même si l'histoire n'est jamais écrite à l'avance. Voici donc une suite d'articles qui se veulent synthétiques. Je peux les publier aujourd'hui car il me semble que les temps ont changés et que les accusations de complotismes qu'ils auraient inévitablement attiré naguère ne seront plus de mise depuis que nos amis banquiers centraux ont pris le pouvoir ouvertement en Grèce comme en Italie, mettant fin à l'ostracisation de ceux qui, comme moi, annonçaient leur arrivée imminente aux commandes...
La fin de la croissance - Les Banquiers contre le Capitalisme
C'est inévitable. Ca l'a toujours été. Sur une planète finie il y a forcément une limite à la croissance économique.
L'industrialisation nous a permis de foncer tête baissée vers cette limite sur les deux derniers siècles. La production est devenue de plus en plus efficaces, les marchés sont devenus de plus en plus globaux, et finalement le paradigme de la croissance perpétuelle a atteint le point paroxistique après lequel le rendement décroit.
Cette réalité a pleinement été comprise dans les années 1970 suite aux études du MIT qui ont abouti à la crétation du Club de Rome, un des événements les plus significatifs -et pourtant considérablement négligé- de l'Histoire humaine.
Depuis lors le capital n'a pas tant cherché la croissance grâce à une production accrue, mais plutôt par l'extraction des rendements plus élevés malgré des niveaux de production relativement stagnants. Par le truchement de la mondialisation, qui a permis le déplacement de la production vers les zones à bas salaire, offrant des marges de profit plus élevé. Mais aussi par la privatisation, qui transfère à des investisseurs privés des flux de revenus qui, auparavant, profitaient aux trésors nationaux. Et enfin aussi par les marchés dérivés et les marchés de devises, qui créent l'illusion électronique de la croissance économique, sans véritablement produire quoi que ce soit dans le monde réel.
Depuis près de quarante ans, le système capitaliste a été entretenu par ces divers mécanismes, dont aucun n'a été productif au sens réel du mot. Et puis en Septembre 2008, ce château de cartes s'est effondré, tout d'un coup, jetant le système financier mondial à genoux.
Si l'on étudie l'effondrement des civilisations, on apprend qu'une civilisation qui ne parvient pas à s'adapter disparait. Est-ce qui arrive à notre civilisation ? Nous avons eu deux siècles de croissance réelle, où la croissance dynamique du capitalisme était en harmonie avec la réalité de la croissance industrielle. Puis nous avons eu quatre décennies de croissance artificielle - le capitalisme étant soutenue par un château de cartes. Et maintenant, après que le château de cartes se soit effondré, tous les efforts politiques convergent apparemment pour permettre une reprise de cette fameuse croissance.
Pour un observateur extérieur, notre situation semblera illustrer parfaitement l'incapacité à s'adapter d'une civilisation en plein effondrement.
Une telle impression serait en partie juste mais en partie seulement. Afin de comprendre notre situation réelle nous devons faire une distinction claire entre l'élite capitaliste et le capitalisme lui-même. Le capitalisme est un système économique tiré par la croissance, l'élite capitaliste sont les gens qui ont réussi à prendre le contrôle du monde occidental, à l'occasion des deux derniers siècles d'exploitation capitaliste. Le système capitaliste a dépassé sa date de péremption, et les élites capitalistes en ont eu conscience puis suffisamment de temps pour s'y s'adapter.
Le capitalisme n'est pas une idéologie politique au sens marxiste du terme. C'est un systeme économique dérivant de la structuration des états-nations, système qui a contribué à amener un tout petit nombre d'individus à un pouvoir absolu. Mais il serait trompeur de penser que ces derniers ressentent une quelconque loyauté envers le système ou le pays qui a édifié ce système. Cette élite raisonne à l'échelle mondiale, considérant les nations et les populations comme des pions, et maitrisent les monnaies à leur avantage. L'argent, n'a plus rien à voir avec ce que nous croyons qu'il est, un titre équivalent à une valeur tangible comme une certaine quantité de métal précieux. C'est ainsi qu'on a pu voir de états dont les caisses etaient prétendument vides annoncer des aides de milliards de dollars sortis du chapeau pour renflouer les banques en 2008.
Non, ce que ces élites cherchent à perpétuer, ce n'est pas le capitalisme, c'est leur domination du monde.
Le capitalisme les y a aidé tant que nous étions dans une ère de croissance rapide. Pour l'ère de décroissance qui vient de nouvelles règles sont en préparation.
Ainsi, le capitalisme n'a pas été autorisé à mourir d'une mort naturelle. Bien au contraire, il a été abattu par une démolition contrôlée.
Dans un premier temps il a été mis sous assistance respiratoire, avec la mondialisation, la privatisation des marchés de devises, et la liquidation du tissu industriel.
Maintenant, il est euthanasié, à coup de bulles spéculatives immobilières et des dérivés toxiques qui finissent de piller les richesses restantes.
Enfin, la Banque des Règlements Internationaux à Bâle - la banque centrale des banques centrales - a débranché les systèmes de maintient de vie en déclarant que c'etait aux marchés de tout réguler de sorte que toutes les banques et établissement financiers détenteurs de dette se retrouvent instantanément dans une situation d'insolvabilté à cours terme.
Même s'il a fallu un certain temps pour que cela devienne évident, il apparait maintenant que chaque étape de ce processus a été soigneusement planifiée et gérée par la clique des banques centrales.
La fin de la souveraineté - Restauration de la féodalité.
Tout comme l'effondrement financier a été gérée avec soin, le scénario post-effondrement, avec ses programmes de renflouement suicidaire est également minutieusement planifié. Les budgets nationaux sont déjà surchargés. Le bon sens le plus élèmentaire permet de voir qu'ils n'ont certainement pas les réserves disponibles pour sauver une succession de banques insolvables. Ainsi, les mécanismes automatiques et contraignants qui ont été mis en place comme le MES européen engageants les états à renflouer des dettes astronomiques par des gouvernements déjà endettés de façon colossale auprès de ces mêmes banques. Pour qu'il puisse fonctionner ce système de sauvetage, devra donc emprunter de l'argent au même système financier qu'il sert à renflouer !
Too Big to fail ?
L'expression est trompeuse : Ce ne sont pas les banques qui sont trop grosses pour faire faillite, c'est que le pouvoir de l'élite est trop puissants pour que les états parviennent à leur résister : ils ont fait une offre aux politiciens que ces derniers ne pouvaient refuser. Aux Etats-Unis, le Congrès a été convaincu que faute de voter le sauvetage des banquiers, la loi martiale serait décrétée le lendemain matin. En Irlande, les ministres ont prétendu qu'il y aurait le chaos financier et des émeutes dans les rues. Mais en réalité, et l'Islande l'a démontré, la façon raisonnable de traiter avec les banques insolvables était avec un processus ordonné de mise sous tutelle.
L'effet des sauvetages sous la contraite a été de transférer l'insolvabilité des banques aux trésors nationaux. Les dettes bancaires ont été transformées en dettes souveraines et ont agravé les déficits budgétaires. Maintenant, et c'etait tout à fait prévisible, ce sont les nations qui cherchent un plan de sauvetage, et ceux qui viennent les renflouer assortissent leur concours à des conditions.
Au lieu que ce soient les banques qui soient mises sous tutelle, ce sont les nations qui sont mises sous la tutelle des banquiers.
Dans son livre, Confessions d'un tueur à gages économique, John Perkins explique comment le tiers-monde a été contrainte au cours des dernières décennies - grâce à des pressions et des ruses de toutes sortes - à la servitude par une dette perpétuelle. Par leur conception même, ces dettes ne pourront jamais être remboursées. Au lieu de cela, ces dettes devront être périodiquement refinancés, et chaque tour de refinancement enterre la nation plus profondément dans la dette - ce qui oblige la nation à se soumettre aux diktat de plus en plus drastique du FMI.
Avec l'effondrement financier orchestré, et l'escroquerie du "too big to fail", les banquiers ont désormais franchi le Rubicon : Ils opèrent maintenant chez nous et non plus seulement dans le tiers monde.
Dans l'UE, le premier rang des nations à s'effondrer sont les soi-disant PIGS (porcs) - Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne. La fiction, selon laquelle les PIGS peuvent supporter les plans de sauvetage, est basé sur l'hypothèse que l'ère de la croissance sans limite va reprendre. Mais les banquiers eux-mêmes savent très bien que cela ne va jamais se produire. Finalement, les porcs seront forcés à faire défaut, et ensuite le reste de l'UE aussi, tout cela faisant partie d'un projet de démolition contrôlée à l'issue de laquelle plus aucun des pays membres ne sera souverain.
Quand une nation succombe à la servitude pour dettes, elle cesse d'être une nation souveraine, régie par ses processus politiques internes. Au contraire, elle passe sous le contrôle des diktats du FMI ou dans le cas européen d'une troïka FMI, BCE, Commission. Comme nous l'avons vu dans le tiers monde, comme cela se passe aujourd'hui en Europe, ces diktats imposent tous l'austérité et la privatisation. La fonction publique est éliminée ou privatisée, et les biens nationaux sont vendus. Progressivement - et c'est encore une démolition contrôlée - l'Etat-Nation est démantelé. En fin de compte, il ne reste plus que les moyens de répression policière que le gouvernement retourne contre sa propre population et la collecte des impôts qui servent à payer le tribut aux banquiers.
En fait, le démantèlement de l'État-nation a commencé bien avant l'effondrement financier de 2008. Aux Etats-Unis et la Grande-Bretagne, il a commencé en 1980, avec Reagan et Thatcher. En Europe, il a débuté en 1988, avec le traité de Maastricht. La mondialisation n'a fait qu'accélérer le processus de démantèlement, avec l'exportation d'emplois et l'industrie, les programmes de privatisation, les accords « libre échange », et la déréglementation imposée par l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Les événements survenus depuis 2008 ont encore davantage accéléré un processus qui était déjà bien engagé.
Avec l'effondrement, les sauvetages, et l'impossilité totale de poursuivre n'importe quel type de programme de relance efficace, les signaux sont très clairs : le système est destiné à s'effondrer totalement, ouvrant ainsi la voie à une « solution » pérdéfinie. Comme l'Etat-nation est en cours de démantèlement, un nouveau régime de gouvernance mondiale est en cours de création pour le remplacer. Comme nous pouvons le voir avec l'OMC, FMI, Banque mondiale, et les autres morceaux du gouvernement mondial embryonnaire, le nouveau système mondial ne fera pas de prétentions sur la représentation populaire ou processus démocratique. L'ordre régnera par le biais des bureaucraties autocratiques mondiales, qui prennent leurs ordres, directement ou indirectement, du cartel bancaire.
Dans son livre, La Mondialisation de la pauvreté, Michel Chossudovsky explique comment la mondialisation, et les actions du FMI, généralisent une pauvreté massive dans le tiers monde ces dernières décennies. Ces mêmes "solutions" sont maintenant préconisées dans le monde industrialisé, avec des plans d'austérité dramatiques qui vont suivre à l'effondrement et les opérations de "sauvetage". Le projet de création de la pauvreté a maintenant franchi le Rubicon. Dans ce nouveau système mondial, il y aura pas de classe moyenne prospère. En effet, le nouveau régime va beaucoup ressembler à l'ancien régime de la royauté et du servage. Les banquiers sont la nouvelle famille royale, avec le monde entier est leur fief. Les technocrates qui dirigent les bureaucraties mondiales, et les mandarins qui se présentent comme des politiciens dans les pays résiduels, sont de la classe privilégiée supérieure. Le reste d'entre nous, l'écrasante majorité, nous retrouverons dans le rôle de serfs pauvres - si nous sommes assez chanceux pour faire partie des survivants du processus d'effondrement.
"Aujourd'hui les Américains seraient indignés si les soldats de l'ONU entraient à Los Angeles pour rétablir l'ordre, demain ils en seront reconnaissants. Cela serait particulièrement vrai si on leur disait qu'il existe une menace extérieure à notre monde, qu'elle soit réelle ou inventée, qui mettrait en péril notre existence même. C'est alors que tous les peuples du monde prieront les leaders mondiaux de les délivrer de ce mal. La seule chose que chaque homme craint est l'inconnu. Lorsqu'on leur aura présenté ce scénario, les droits individuels seront volontairement abandonnés pour la garantie du bien-être qui leur sera accordée par leur gouvernement mondial."
- Henry Kissinger - Allocution faite à Evian, en France, le 21 mai 1992 à la réunion du groupe Bilderberg.
« … au rythme où vont les choses les banques ramèneront le fascisme sur le continent ».
Alors que la Grèce est placée sous tutelle de la Troïka, que l’Etat réprime les manifestations pour rassurer les marchés et que l’Europe poursuit les renflouements financiers, le compositeur Mikis Theodorakis a appelé les grecs à combattre et mis en garde les peuples d’Europe qu’au rythme où vont les choses les banques ramèneront le fascisme sur le continent.
Interviewé lors d’une émission politique très populaire en Grèce, Theodorakis a avertit que si la Grèce se soumet aux exigences de ses soi-disant« partenaires européens », c’en sera « fini de nous en tant que peuple et que nation ». Il a accusé le gouvernement de n’être qu’une « fourmi » face à ces « partenaires », alors que le peuple le voit comme « brutal et offensif ». Si cette politique continue, « nous ne pourrons survivre (…) la seule solution est de se lever et de combattre ».
Résistant de la première heure contre l’occupation nazie et fasciste, combattant républicain lors de la guerre civile et torturé sous le régime des colonels, Théodorakis a également adressé une lettre ouverte aux peuples d’Europe, publié dans de nombreux journaux… grecs.
Extraits :
Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…)
Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle.
Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance.
Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes.
Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire fut le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. (…)
Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour.
Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes.
Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit.
Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en Tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme.